Jeûne et religions

Chers amis,

Les traditions religieuses associent généralement le jeûne à la prière et au partage, à la purification et à la soumission du désir, au recentrage sur soi et à la pénitence. Et (quasiment) toutes évoquent aussi les bénéfices sur la santé de cette pratique.

Dans la BIBLE, de nombreux passages y font référence. À commencer par ce qu’a vécu Moïse sur le mont Sinaï : quarante jours de jeûne et de prière pour recevoir de Dieu les Tables de la Loi (Le Pentateuque).

En février 2026, le calendrier crée une rencontre rare. Le Ramadan et le Carême commencent presque en même temps. Deux traditions, deux héritages spirituels, deux rythmes… mais une intuition commune : ralentir pour se recentrer, restreindre la nourriture pour gagner une bonne santé.

Dans une société saturée de bruit, d’écrans et d’excès alimentaires, ces périodes apparaissent comme des respirations. Des pauses volontaires. Des actes conscients.

Le Ramadan : la maîtrise quotidienne

Le Ramadan est un mois lunaire. Chaque année, il se déplace dans notre calendrier civil. Le jeûne y est quotidien : de l’aube au coucher du soleil, pas de nourriture, pas de boisson.

Mais réduire le Ramadan à l’abstinence serait passer à côté de l’essentiel.

Il s’agit d’une discipline globale :
– maîtriser son corps ;
– purifier ses intentions ;
– renforcer la prière ;
– intensifier la générosité.

La rupture du jeûne, le soir, devient un moment de gratitude. La faim rappelle la fragilité. La soif rappelle la dépendance. Le corps parle, et l’âme écoute.

Coup de jeune sur le ramadan

La grande majorité des musulmans de moins de 25 ans observe ce rite, qui vient de démarrer.

« Entre nos veillées spirituelles, les offices du vendredi et les fêtes de l’Aïd, avance un croyant, cela va se compter en dizaines de milliers de personnes ! »

« Chez de plus en plus d’ados et de jeunes adultes, cette prescription de l’islam prend plus d’importance que la prière, l’un des cinq piliers de l’islam », constate Jamal Ahbab. Le rite serait devenu « autant identitaire que religieux ». « Résultat, il y a un effet d’entraînement », note-t-il.

S’agissant des plus jeunes, « pratiquer le jeûne permet de développer, assez simplement, une appartenance visible, donc identitaire ».

Par ailleurs, pour certains jeunes adultes, le ramadan est aussi « dans l’air du temps », du fait de « l’idée d’un jeûne thérapeutique ». En clair : à l’heure où la mode est à un corps sain, se priver de manger n’est pas une contrainte. Beaucoup font du jeûne séquentiel, suppriment des repas, mangent moins. Ce mécanisme aboutit à la chute de la consommation d’alcool dans cette tranche d’âge. Résultat, les jeûnes intégrés aux religions ont un attrait supplémentaire : la santé et le spirituel ne font qu’un .

Le Carême : la transformation progressive

Aujourd’hui, les chrétiens qui suivent les directives de l’Église pratiquent généralement une forme de jeûne light : certains se contentent de se priver de viande un certain nombre de jours ou ne mangent qu’un repas par jour, sans restriction de boisson.

De fait, le Nouveau Testament ne donne aucune directive sur la façon de jeûner. En revanche, le Carême (d’un mot latin qui signifie « quarante ») observé par les catholiques romains, les anglicans et les fidèles de certaines autres Églises est toujours un acte de sacrifice.

Celui-ci permet de se rappeler à Dieu en renonçant au confort de son corps pour permettre à l’esprit de se fortifier.

Le Carême dure quarante jours et prépare à Pâques. Il commence au mercredi des Cendres. Il n’impose pas un jeûne quotidien comme le Ramadan, mais propose un triple axe : prière, jeûne, aumône.

Ce n’est pas une performance ascétique. C’est une réorientation. On enlève un excès pour redonner de la place à l’essentiel. Le Carême agit comme une lente décantation intérieure. Moins brutal. Plus étalé. Mais tout aussi exigeant.

Spirituellement, les deux cherchent la même chose :
– maîtriser le désir ;
– purifier l’intention ;
– renforcer la prière ;
– intensifier la générosité.

Biologiquement, la réduction alimentaire met le terrain en acidose et restaure la santé.

Les études scientifiques nous montrent que, dès lors que l’on réduit d’un tiers la ration alimentaire des animaux d’expériences scientifiques, tout en maintenant le quota de vitamines et d’aliments essentiels, ils contractent de 10 à 60 % de cancers en moins.

L’homme ne diffère pas des autres mammifères. Cette réduction temporaire amplifie l’effet de la médication quand il y a un traitement médical en cours.

La mise en acidose implique, bien entendu, de commencer par éviter de donner des alcalins, sous forme de poudres digestives par exemple.

Aux États Unis, le cancer de l’estomac était bien plus répandu qu’aujourd’hui à l’époque où la mode était à la large absorption de poudres alcalines dans le but d’éviter les brûlures d’estomac.

Un jeûne total

Évidemment, il s’agit d’un jeûne total, qui consiste seulement à boire une eau pure (et peu minéralisée), et à ne pas s’alimenter pendant tout le temps du jeûne, tout en étant surveillé médicalement.

Le corps puise alors sur ses réserves en sucres, présentes surtout dans le foie et un peu dans les muscles. Elles sont épuisées en deux jours.

Ensuite, le corps prend sur ses réserves en graisses, lesquelles doivent être transformées en corps cétoniques pour parvenir au système nerveux central, qui a besoin d’énergie pour fonctionner.

Le jeûne provoque un état de stress qui relance les mécanismes de sanogenèse, ou auto-détoxication de l’organisme, qui restent d’habitude passifs à cause de notre mode de vie.

Le stress est un mécanisme d’adaptation au changement de notre environnement, ici l’absence de nourriture. La privation de nourriture va déclencher une alerte conduisant à un bouleversement hormonal et neuroendocrinien.

La réponse va être, en premier, la mobilisation des réserves énergétiques de l’organisme. La production des catécholamines, de l’adrénaline, de la noradrénaline, de la dopamine est fortement augmentée.

Elles préparent le corps à l’activité physique et psychologique. Elles exercent une action stimulante au niveau cardiorespiratoire, cérébral et rénal. Elles stimulent la sécrétion du glucagon et donc la glycogénolyse et la lipolyse et inhibent la sécrétion d’insuline.

Ce sont les hormones et les neuromédiateurs de l’éveil et de l’action. Leurs effets stimulants, notamment sur le cerveau expliquent, en partie, les résultats obtenus par les médecins russes dans le traitement des différentes maladies mentales de leurs patients : le jeûne s’est substitué, parfois très efficacement, aux anxiolytiques ou aux antidépresseurs.

Le piège à contourner

Le paradoxe est là. On peut jeûner le jour… et surconsommer le soir et perdre tout bénéfique thérapeutique.

On peut pratiquer le Carême… et remplacer la viande par des produits industriels sucrés. Le bénéfice dépend du comportement global.

Ramadan et Carême ne sont pas des régimes. Ce sont des disciplines.

La diète : une alternative

Le jeûne en tant qu’arrêt complet d’ingestion d’aliments solides, et pour une durée longue, ne doit pas se pratiquer sans l’accompagnement d’un professionnel de santé !

Car, en fonction des principes de la médecine naturelle, un jeûne doit être adapté à la personne, selon son mode de vie, son environnement, ses réserves de graisses, sa résistance physique, son contexte psychique et émotionnel… bref, personnalisé et adapté à chacun.

Certains préfèrent ainsi utiliser la diète pour le maintien du bien-être qui donne à l’organisme la possibilité d’éliminer les toxines, les dépôts de graisse, d’acide urique.

Cette désintoxication progressive permet de désengorger certaines fonctions vitales du corps, lequel peut alors se rééquilibrer pour retrouver l’élan et le meilleur de ses possibilités ; il en résulte : un tonus reboosté, plus d’enthousiasme, une perte de poids…

Il est alors tout à fait conseillé de pratiquer régulièrement de très courtes périodes de diète : que ce soient des journées de monodiète hebdomadaire et/ou des cures saisonnières ; on consommera un aliment unique, en quantité libre mais raisonnable, par exemple :

– Au printemps et en été : des jus de légumes crus et frais ou des fruits bio tels que raisin, figue fraîche, mangue, papaye, pêche, pomme…

– En automne et en hiver : soupes de légumes divers, banane, millet, patate douce, pomme cuite, potimarron, quinoa, raisin, riz mi-complet…

Le système nerveux et la relation au manque

Le jeûne bien vécu peut activer une forme d’apaisement dû au système parasympathique.

Il augmente la perception corporelle, et redonne du sens au repas.

Mais s’il est vécu dans la tension ou la contrainte psychologique, il peut augmenter le cortisol, perturber le sommeil et fragiliser les organismes épuisés.

La qualité intérieure du jeûne conditionne son impact biologique.

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On peut y ajouter le Nouvel An chinois qui est la célébration la plus importante de l’année pour les communautés chinoises. Il se concrétise par des festivités dans les rues décorées pour l’occasion, avec des parades, des danses, et parfois des jets de pétards et feux d’artifices dans certaines villes. Il donne droit à une semaine de congés, ce qui permet des retrouvailles en famille.

Après l’année du serpent de bois, l’année 2026 sera, elle, placée sous le signe du cheval de feu. Le cheval renvoie à la liberté, à l’indépendance et à l’audace notamment.

Puissent ces temps de pénitence et de prière réconcilier les communautés et nous offrir un temps de paix dont nous avons bien besoin.

Portez-vous bien !

Jean-Pierre Willem

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