La vraie signification des rêves

Chers amis,

Qui n’a jamais décrit son rêve à son conjoint le lendemain matin ?

C’est normal, les rêves font partie prenante de notre vécu… Et vous allez voir qu’ils peuvent avoir un réel intérêt en médecine aussi.

Evidemment les poètes se sont emparés de ce thème.

« Le rêve est une seconde vie. Je n’ai pu percer sans frémir ces portes d’ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible. Les premiers instants du sommeil sont l’image de la mort ; un engourdissement nébuleux saisit notre pensée, et nous ne pouvons déterminer l’instant précis où le moi, sous une autre forme, continue l’œuvre de l’existence. C’est un souterrain vague qui s’éclaire peu à peu, et où se dégagent de l’ombre et de la nuit les pâles figures gravement immobiles qui habitent le séjour des limbes. Puis le tableau se forme, une clarté nouvelle illumine et fait jouer ces apparitions bizarres : le monde des Esprits s’ouvre pour nous. »  Nerval, Aurélia, I.

« Les rêves de l’homme sont de deux classes. Les uns, pleins de sa vie quotidienne se combinent d’une façon plus ou moins bizarre avec les objets entrevus dans la journée, qui se sont indiscrètement fixés sur la vaste toile de sa mémoire. Voilà le rêve naturel ; il est l’homme lui-même. Mais l’autre espèce de rêve ! le rêve absurde, imprévu, sans rapport ni connexion avec le caractère, la vie et les passions du dormeur ! Ce rêve que j’appellerai hiéroglyphique, représente évidemment le côté surnaturel de la vie, et c’est justement parce qu’il est absurde que les anciens l’ont cru divin ». Baudelaire, les paradis artificiels

« Le recueil de mes longs rêves est à peine commencé, et déjà je sens qu’il touche à sa fin. » Rousseau, rêveries… 8ème promenade.

« J’eus un rêve : le mur des siècles m’apparut. » Victor Hugo, la légende des siècles.

« Certes, je sortirai, quant à moi, satisfait d’un monde où l’action n’est pas la sœur du rêve » Baudelaire, les fleurs du mal, « Révolte »

Enfin une interprétation scientifique des rêves

Ce serait une vaine prétention pour notre discipline de vouloir approcher des rêves en se privant de l’interprétation affective et symbolique faite par Freud. Dans ce fragment de la pensée nocturne, l’imagination visuelle se répand en dehors des contraintes de temps et d’espace, en se peuplant d’éléments symboliques. La fonction du rêve a toujours été insérée dans la pensée humaine. Elle est probablement la condensation des épreuves vécues et des problèmes à résoudre par le sujet. Tout obstacle dans la vie sociale quotidienne nous expose au refuge dans l’imagination passive. La distance mise entre le réel et nous s’amplifie pendant le sommeil. Toute perturbation physiologique, toute intoxication modifie le dynamisme et les rythmes de nos pensées, et pendant la nuit, les cellules souffrantes ou intoxiquées continuent de déverser vers le cerveau des messages d’alerte ou d’inconfort. Vie éveillée et vie du rêve sont des séquences qui se suivent, des variantes de l’unité de la personne.

On peut admettre que le rêve est une pensée primitive essentiellement émotionnelle, actionnée par des tendances affectives infantiles parfois insatisfaites, ou des actes manqués. Freud distinguait les rêves « latents » et les rêves « patents », ceux-là ouverts à un certain angle d’approche physiologique. L’activité mentale du rêve est apparue au cours de l’expérimentation infinitésimale sur l’homme, témoignant d’une unité constante à travers tous les symptômes.

Syndrome précieux, fondamental ou accessoire, le rêve ferait partie d’un art médical qui n’a pas échappé au psychanalyste et au médecin homéopathe qui, lui, s’appuie sur d’autres signes concomitants. Production individuelle hautement hiérarchisée, le rêve sert à l’information des signaux de détresse : son remède réintroduit le réarmement structural, apaise les intensités conflictuelles. Il épaule les traitements analytiques et ouvre, sans pénibles remous, les voies de la libération individuelle.

Le monde onirique n’est plus seulement le champ d’action privilégié des psychanalystes et des artistes, il est aussi devenu celui des scientifiques… Et ça change tout !

Les connaissances sur les rêves ont beaucoup évolué ces dix dernières années grâce à de nouveaux outils d’évaluation comme les caméras infrarouges, qui filment les mouvements pendant le sommeil, et l’imagerie fonctionnelle cérébrale, qui permet de visualiser les modifications survenant dans différentes zones du cerveau.

Ces machines à décoder les rêves tentent de lire les pensées, avec une certaine probabilité. Nous commençons à savoir ce qui se passe dans le cerveau lors du rêve. L’imagerie cérébrale donne de nouvelles clés sur la phase onirique notamment l’aptitude des rêves à faire « digérer » les peurs et les angoisses.
Les neurologues sont ainsi capables non seulement de mieux comprendre nos rêves, mais de dénoncer bon nombre d’idées reçues à leur sujet.

Si c’est en partie lors du sommeil paradoxal que les rêves se développent, près de 50% d’entre eux surviennent également durant le sommeil lent.

 « On sait maintenant que nous rêvons tous, explique le Pr Isabelle Arnulf, neurologue, directrice de l’unité des pathologies du sommeil à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. « De plus, nous rêvons dès l’endormissement et jusqu’au lendemain matin. On le voit quand on observe les gens dormir : ceux qui extériorisent leurs rêves par des mouvements le font sur plusieurs heures. On constate également qu’exécuter une tâche dans un rêve prend autant de temps que dans la réalité ! »

Pourquoi nous faisons des cauchemars

Le caractère négatif des expériences rêvées a une vraie utilité.

On a tendance à croire que rêver nous transporte dans des mondes merveilleux.

En fait, dans l’immense majorité des cas, nos rêves sont négatifs et parlent d’appréhension, de difficultés à trouver son chemin, à accomplir quelque chose, à fuir un danger… L’une des pistes avancées est que, en rêvant, nous simulons des menaces pour mieux y faire face dans la journée.

Un exemple typique : celui des jeunes mamans qui viennent d’accoucher et qui rêvent, pour 70 à 80 % d’entre elles, que leur bébé tombe ou qu’elles l’étouffent dans leur lit en dormant.

Résultat : elles sont beaucoup plus vigilantes dans leurs gestes du quotidien.

Argentum nitricum est le régulateur des gens très pressés, hâtifs, anxieux, se battant encore plus avec le temps au moment apaisant de la retraite. Non seulement on vieillit mal ; on est un insupportable hypochondriaque et la suractivité cérébrale qui ne trouve pas d’emploi se polarise sur des appréhensions en chaîne autour de soi, pusillanimité tatillonne, avec peur de la mort, de la maladie, de la foule, de la solitude…, une suite de malentendus anxieux avec la vie. C’est le personnage le plus insupportable de la mise à la retraite : c’est une régression égocentrique très appréhendée par l’entourage.

Contrôler son rêve : bientôt une réalité ?

Imaginez que vous prenez conscience que vous rêvez et, mieux encore, que vous pouvez prendre le contrôle de certains aspects de vos songes, agir avec une intention ou les utiliser à bon escient pour résoudre une difficulté… Cela s’appelle le rêve lucide.

La moitié d’entre nous l’aurait déjà expérimenté et 20 % en ferait fréquemment. Cet état mental exceptionnel proche de la conscience éveillée se produit durant le sommeil paradoxal ; un code de communication basé sur des mouvements oculaires indiquant le moment exact de lucidité pendant le sommeil. Des recherches ont montré que le passage aux rêves lucides est associé à une activité accrue des zones frontales du cerveau, dans lesquelles les fonctions cognitives prédominent.

Le fait de les stimuler électriquement provoque une augmentation du degré de lucidité vécue pendant le rêve. Cela… fait rêver !

Pour déclencher de tels états, des procédés comme DreamLight et NovaDreamer ont vu le jour pour entraîner les amateurs : ils déclenchent des flashs lumineux dans les yeux lorsque les signaux du sommeil paradoxal sont détectés.

Le corps envoie des SOS au travers les rêves

Le rêve est probablement la condensation des épreuves vécues et des problèmes à résoudre par le sujet. Tout obstacle dans la vie sociale quotidienne nous expose au refuge dans l’imagination passive.

Mais aussi, toute perturbation physiologique, toute intoxication modifie le dynamisme et les rythmes de nos pensées, et pendant la nuit, les cellules souffrantes ou intoxiquées continuent de déverser vers le cerveau des messages d’alerte ou d’inconfort.

Les rêves sont souvent engendrés par la dégradation de certaines grandes fonctions : respiratoire, cardiaque, digestive ou rénale.

Les affections hépatiques fournissent d’effrayants rêves hallucinatoires d’animaux, de poursuites par des bêtes féroces, de même que les affections aiguës sont marquées par des délires et des rêves d’animaux puissants. La monstruosité de l’animal serait fonction de l’importance de l’agression et de l’énergie de défense mobilisée.

Les rêves en homéopathie : tout un art médical

En homéopathie, le rêve sert à communiquer des signaux de détresse du corps.

Vie éveillée et vie du rêve sont des séquences qui se suivent, des variantes de l’unité de la personne.

Les rêves d’insécurité et de danger de mort sont très souvent des prolongements de stress infantiles (querelles, séparation des parents, agressions…).

Arnica est le remède majeur des traumatismes émotionnels ; il présente des rêves d’agression, de meurtres, de tombes : on rêve de la foudre, d’être enterré vivant, d’être agressé par des animaux : insectes, vers, chats, chiens noirs. C’est dire que le sentiment de malheur est patent et que l’insécurité qui accompagnera le sujet durant toute sa vie sera libérée par des doses d’Arnica 30 CH.

Les rêves où l’on vous querelle sont aussi le fait d’Arnica, ceux des querelleurs sont le fait de Nux vomica.

Les rêves de feu sont le prolongement inconscient d’agressions cutanées ou métaboliques.

  • Durant la nuit, la physiologie se ralentit et la chaleur du lit aggrave l’épiderme.
  • Les apathiques anxieux rêvent de feu. Anacardium orientaleHepar sulfur sont souvent amorphes pendant le jour, leur instinct justicier éclate pendant la nuit, sous la forme de rêves de feu, contrepoids des actes manqués du jour.
  • Tous les prurits peuvent s’accompagner de rêves de feu.

On trouve souvent chez les Hepar sulfur des pyromanes en devenir. Les enfants Hepar sulfur entraînent leur maman dans les églises, non pour prier mais pour s’exalter devant les bougies. À l’approche des prochains incendies, les pompiers (souvent des Hepar sulfur) devraient en tenir compte.

Les rêves de poursuite sont surtout le fait des structures phosphoriques, déminéralisées, vite accablées par le découragement.

  • La timidité, le manque de confiance en soi, une frilosité permanente, quelques tendances aux idées fixes font de Silicea un personnage désarmé le jour et poursuivi dans ses rêves (il est parfois somnambule).
  • Au contraire, Sulfur, auto-intoxiqué brassant de grands projets parfois utopiques, se voit poursuivi dans des épisodes temporaires de découragement.

Les rêves d’animaux sont significatifs de l’émoi psychique et de l’inquiétude biologique (face à un microbe, une inflammation).

  • Ils sont présents dans les désordres intestinaux, les troubles endocriniens (thyroïde, pancréas).
  • En cas de diabète mal équilibré, une patiente de type Phosphorus peut présenter des rêves de chevaux, de ruades, en périodes nocturnes d’hypoglycémie
  • Les enfants et adolescents rêvent beaucoup d’animaux, cette aptitude étant liée à l’accélération de la croissance par l’hyperfonctionnement thyroïdien.
  • Toutes les visions sombres d’animaux agressifs symbolisent la crainte de la vie, avec comme chef de file Arnica, tandis que la présence sournoise des serpents dans les rêves est le fait d’Argentum nitricum et surtout de Lac caninum (rêve agité avec visions de serpents) dont l’administration (en dose 15 CH) libère le rêve et tous les symptômes concomitants.

Les rêves de mort : n’avoir pas enterré définitivement un mort c’est rester encore sous son influence (Arnica, Arsenicum album, Thuya) par l’affliction ou la culpabilité. Il s’agit de situations lourdement affectives.

Mais la physiologie en homéopathie a ses subtilités.

Pour Anacardium orientale, le rêve de mort est un règlement de compte d’un sujet passif qui rend sa justice à travers des vécus imaginaires.

Thuya n’aime pas dormir sur son côté gauche : il rêve d’enterrement quand le sommeil s’effectue sur sa mauvaise latéralité. Dépressif, obsessionnel, Thuya est un viscéral inquiet, indécis, aux obsessions et aux idées fixes. Ce mélancolique persécuté, sans autre préoccupation que le retour obsessionnel sur soi, se sent parasité par tous les bruits de brassage abdominal avec des illusions de pulsation vivante, de corps étrangers. Pendant la nuit, il se sentira envahi par des rêves de mort lente, de décomposition.

Le somnambulisme et les terreurs nocturnes chez les enfants qui grincent les dents et souffrent de verminoses relèvent de Stramonium, bien connu par la violence de ses colères, dort à plat ventre, a peur de la nuit, il a des hallucinations et il réclame une veilleuse.

Il a besoin parfois de la main de sa mère pour s’endormir. Mais il se réveille terrifié, ne reconnaît plus son entourage, achève de longs discours incohérents.

On peut admettre que le rêve est une pensée primitive essentiellement émotionnelle, actionnée par des tendances affectives infantiles parfois insatisfaites, ou des actes manqués.

Amis lecteurs ! Quel type de rêve avez-vous vécu ?

Vous pourriez découvrir le remède qui vous convient, qui correspond à votre portrait.

Lors de ma formation en homéopathie, j’ai pris plaisir à suivre les cours du Docteur Roland Sananès, notamment lorsqu’il s’agissait de l’interprétation des rêves. Pour écrire cette lettre, j’ai dû me replonger dans mes notes.

Bonne nuit, faites de beaux rêves ! Evitez de rêvasser la journée…

Portez-vous bien,

Jean-Pierre Willem, homéopathe et anthropologue.

Et pour la route (des vacances) en dernier florilège :

« On ne fait pas assez attention à cette influence que peuvent avoir les rêves et surtout aux dispositions affectives qui les provoquent ; puisque notre sensibilité semble s’émousser avec l’âge, l’on conçoit que le flux des images du rêve soit plus particulièrement soutenu par le réveil de la vie affective de l’enfance ».

MAINE DE BILAN

« Si je m’étais toujours tant intéressé aux rêves que l’on a pondant le sommeil, n’est-ce pas parce que, compensant la durée par la puissance, ils vous aident à mieux comprendre ce qu’a de subjectif, par exemple, l’amour (…) c’était peut-être aussi par le jeu formidable qu’il fait avec le Temps que le Rêve m’avait fasciné ».

« Le rêve était encore un de ces faits de ma vie, qui m’avait toujours le plus frappé, qui avait dû le plus servir à me convaincre du caractère purement mental de la réalité, et dont je ne dédaignerais pas l’aide dans la composition de mon œuvre ».

PROUST, le Temps retrouvé.

N.B : le château de Proust a été racheté par Ya Ding, un poète chinois qui en a fait le centre de l’aromathérapie en France.

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