Endométriose : le « miracle » est possible

Avant de parler de cette maladie qui apporte beaucoup de souffrance à de nombreuses femmes, je vais peut-être vous arracher un petit sourire.
Car, du haut de mon grand âge, j’ai eu à traiter un certain nombre de femmes atteintes d’endométriose. Et certaines, quand elles ont enfin eu le bonheur de mettre au monde un enfant inespéré, ont choisi de donner le prénom… « Jean-Pierre » à leur garçon !

Quelle belle récompense !

Mais avant ces petits « miracles », que de souffrance, de douleurs et bien souvent… de phases de désespoir.

On estime aujourd’hui que 180 millions de femmes sont touchées dans le monde, surtout des femmes jeunes.

On parle d’endométriose quand on observe la présence d’endomètre, la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus, dans un autre endroit que la cavité utérine : le plus souvent, dans le bassin (cul-de-sac de Douglas, ovaires, rectum), mais d’autres organes comme la peau, les poumons, le cerveau, peuvent être le siège de localisations endométriosiques.

Elle se diffuse comme les métastases

La particularité de ce tissu est sa capacité à diffuser, à se reproduire selon un mode qui ressemble beaucoup à celui de la diffusion des cellules métastatiques du cancer.

A chaque règles, cette muqueuse se nécrose et saigne pour être régénérée pendant tout le cycle suivant. Mais les saignements qui vont se produire en dehors de l’endomètre provoquent des hémorragies internes douloureuses, qui sont résorbées par le péritoine (membrane tapissant tous les organes), ou transformées en tissus cicatriciels ou en kystes.

Voici les symptômes les plus courants :

  • Le syndrome prémenstruel est fréquent : seins gonflés et douloureux, ventre gonflé et tendu, changement d’humeur ;
  • Les douleurs : dysménorrhée (règles douloureuses), dyspareunie (douleurs pendant les rapports sexuels). Les douleurs sont rythmées par les règles ;
  • La stérilité dans 30 à 40 % des cas ;
  • Une position anormale de l’utérus appelée rétroversion (fond de l’utérus projeté en arrière et col remonté vers le pubis). Ce qui peut donner lieu à une absence de nidation de l’ovule fécondé ;
  • Une masse dont le volume et le caractère douloureux évoluent en fonction du cycle ;
  • Règles de plus en plus courtes (dues aux taux de folliculines qui ne chutent pas assez), puis absentes ou remplacées par des hémorragies (métrorragies) qui surviennent tous les 3 ou 4 mois.

L’endométriose peut aussi être asymptomatique : dans 20 % des cas, les endométrioses sont indolores.

Une maladie encore obscure pour la science

On en parle beaucoup ces derniers temps grâce à quelques célébrités et stars qui ont essayé d’attirer l’attention du public sur cette question [1], mais ça reste une maladie mal connue et encore assez mystérieuse pour la science.

Son origine aussi reste assez incertaine.

  • Des facteurs génétiques ont été relevés : un antécédent d’endométriose sévère chez une parente de premier degré multiplie par 6 le risque d’être atteinte et certains gènes sont en cours d’étude ;
  • Les facteurs environnementaux incriminés : exposition au distilbène, à la dioxine. D’autres facteurs, comme l’exposition aux UV et l’exposition au soja en grande quantité in utero et dans l’enfance ont été évoqués ;
  • Les facteurs hormonaux sont aussi impliqués ;
  • Les facteurs psychologiques semblent aussi interférer : fréquence accrue de dépression, anxiété chez les patientes porteuses d’endométriose sans que l’on sache si c’est la cause ou la conséquence.

La prise en charge allopathique est chirurgicale ou médicale : ces traitements visent à traiter les lésions et à éviter la propagation de la maladie. Malheureusement, si ces traitements stabilisent ou cachent la maladie, ils ne la guérissent généralement pas et les poussées peuvent reprendre à l’arrêt du traitement.

Les espoirs de la médecine holistique

Les jeunes femmes malades se sentent souvent démunies car les traitements conventionnels proposés sont généralement agressifs ; d’où l’intérêt d’une prise en charge globale pour les accompagner.

La médecine de terrain associe, elle, toutes les méthodes thérapeutiques contribuant à guérir ou prévenir les pathologies.

L’impact de l’alimentation sur les maladies inflammatoires chroniques est bien connu. Il est utile de conseiller aux patientes porteuses d’endométriose d’éviter la consommation d’aliments pro-inflammatoires comme :

  • les laitages, les produits gras saturés, les céréales contenant du gluten, les céréales raffinées, les sucres rapides, l’alcool, les fruits citrins (pamplemousse, orange) ;
  • mais aussi les éléments frits, la caféine, les oméga-6 (huile de tournesol, maïs) ;
  • et tous les agents conservateurs, additifs, colorants, édulcorants. Le soja doit être consommé avec modération en raison de son pouvoir œstrogénique.

Il faut privilégier les aliments anti-inflammatoires (myrtilles, mûres, framboises), les légumineuses (lentilles, pois chiches), les noix et graines, les poissons gras, les légumes frais, les fibres contenues dans les céréales complètes, les fruits, les haricots, le riz brun, les crucifères, les oméga-3 (noix, huile d’onagre, poisson gras). La complémentation par la vitamine D est conseillée.

L’arrêt du tabac est aussi fondamental.

Traiter la douleur grâce à l’homéopathie

La prise en charge homéopathique est intéressante car individualisée, permettant d’adapter le traitement au type de symptômes et au terrain de la patiente. Le traitement homéopathique peut être prescrit seul après la chirurgie, lorsque les lésions ne nécessitent pas un traitement allopathique médical ou dans l’attente d’une grossesse. Il peut aussi accompagner des traitements d’endométriose sévère pour tenter de stabiliser la maladie.

Folliculinum 15 CH, pour freiner l’excès de folliculine. 1 dose le 7e et 13e jour du cycle + progestérone les derniers jours du cycle pour faciliter les menstruations.

Ordonnance-type :

Actaea racemosa 5 CH 2 tubes

Colocynthis 5 CH 2 tubes

Trois granules de chaque en alternance trois fois par jour jusqu’à amélioration.

L’essentiel pour la prescription courante (remède à choisir selon ses symptômes) :

  • Actaea racemosa: douleurs proportionnelles à l’abondance des règles, plus l’écoulement est abondant, plus la douleur est forte ; alternance des douleurs avec des troubles mentaux (humeurs changeantes, loquacité avec passage du coq-à-l’âne, sensation de devenir folle).
  • Colocynthis : principal médicament, à prescrire presque systématiquement ; la douleur crampoïde plie la patiente en deux, la pousse à appuyer sur son abdomen, irritabilité due à la douleur, amélioration par les applications chaudes.
  • Magnesia phosphorica: la douleur plie la patiente en deux et la pousse à appuyer sur la région douloureuse, améliorée par la chaleur. Crampes des mains (écrivain) ou des mollets.
  • Pulsatilla 9 CH, règles peu abondantes, courtes, qui s’arrêtent un jour et reprennent, très douloureuses, irradiant dans les cuisses, le dos, mauvaise circulation (mains et pieds violacés), symptômes changeant de place, femme pleurant facilement. Convient pour une endométriose qui débute.
  • Sepia 9 CH, poids dans l’utérus avec besoin de croiser les jambes, règles en retard, peu abondantes, malaises, avant, pendant et après les règles. Femme triste, désirant rester seule, digérant mal, irritable. Endométriose plus ancienne.
  • Sabina 7 CH, règles abondantes, en avance et traînant en longueur, accompagnées de douleurs violentes, (intermittentes comme pour l’accouchement), lombosacrées, irradiant au pubis, au vagin et aux cuisses.
  • Thuya occidentalis 7 CH, terrain engorgé après des maladies chroniques, la prise d’hormones (pilule) des vaccinations et des traitements toxiques (antibiotiques, cortisone, remèdes chimiques, chimiothérapies), tendance aux kystes, aux fibromes, aux verrues. 2 fois 3 granules par jour + une dose en 15 CH 2 fois par mois.
  • Caulophyllum: règles en avance, peu abondantes mais prolongées de sang noir. Dysménorrhée avec spasmes du col utérin, crampes. Les douleurs apparaissent dès la puberté.
  • Chamomilla: Douleurs intolérables, colique, névralgie, chez une malade hypersensible. Dysménorrhée avec sang noir, caillots, ballonnement abdominal douloureux.
  • Iodum: règles abondantes. Kystes ovariens droits. Endométriose. Hyperthyroïdie et adénopathie, agitation anxieuse constante.

Ces plantes pourraient vous aider

Dès lors que l’endométriose est due à l’excès d’œstrogènes prendre :

  • Le gattilier (Vitex agnus castus) est indiqué comme anti-œstrogène : à prendre en teinture mère (50 gouttes) en nebulisat ou poudre micronisée ou encore en extrait fluide ;
  • Actée à grappes noires (Cimicifuga) ; complexe N° 21 (Labo Lehning) : améliore les règles en modifiant le flux menstruel et en réduisant ainsi les douleurs internes et spasmodiques. 3 fois 20 gouttes en dehors des repas ;
  • La vigne (vitis vinifera) intervient au niveau circulatoire dans les hyperménorrhées douloureuses (règles abondantes). C’est aussi un remède du fibrome. En gemmothérapie (Bg Mac Glyc 1 D) 2 fois 40 gouttes. 1 flacon de 125 ml ;
  • Igname sauvage (dioscorea) 100 gouttes une fois par jour.

Voici quelques huiles essentielles indispensables

Par voie cutanée

  • HE cistus ladaniferus 3 ml
  • HE cupressus sempervirens 3 ml
  • HE mentha piperita 3 ml
  • HE eucalyptus citriodora 5 ml
  • Gel neutre ou huile végétale qsp 50 ml

1 application (1 noix du gel ou 10 gouttes) sur le bas ventre matin et soir pendant 20 jours.

Par voie vaginale (demander ovule à votre médecin) :

  • HE cistus ladaniferus 100 mg
  • HE cupressus sempervirens 50 mg
  • HE melaleuca quinquenervia et CT cinéole 50 mg
  • HE eucalyptus citriodora 50 mg
  • HE Mentha piperita 25 mg
  • Whitepsol QS pour faire 1 ovule (4 gr) dt 20

1 ovule le soir pendant 20 jours

Utiliser la voie cutanée préférentiellement. Réserver la voie vaginale aux cas plus importants.

Le renfort des compléments alimentaires

  • Bioline (oméga 3) 2 fois 2 gélules 1 boite
  • Radicolyse (anti oxydant) 2 fois 2 gélules 1 boite
  • Afalg (algues aphanizoménon) 2 fois 2 gélules 1 boite
  • Topagil (douleur) 2 fois 2 gélules
  • Vitamine C cynorrhodon 2 fois 2 gélules,
  • Onguent apaisant : en massage sur le bas de l’abdomen et les zones douloureuses. [2]

Mais il est aussi intéressant d’assurer ses apports en vitamines E, B6, B10, C, en oligo-éléments (zinc, chrome, manganèse, sélénium), en acide gras poly-insaturés (huile d’olive, de colza, de lin, de noix).

Je souhaite à toutes les femmes qui souffrent de cette maladie, le même « miracle » que ceux évoqués au début de cette lettre.

Pour moi, c’est une simple guérison opérée par une médecine naturelle holistique.

Mais rassurez-les, elles ne seront pas obligées d’appeler leur fils « Jean-Pierre » !

36 commentaires pour “Endométriose : le « miracle » est possible

  1. Merci Dr Willem ! C’est la lettre que j’attendais depuis votre conférence à Colmar à la foire Ecobio à laquelle j’ai assisté en Mai cette année ! Merci de partager vos indications en homéopathie et huiles essentielles, cela va être utile à beaucoup de femmes, moi y compris ! J’espère que d’autres Docteurs utiliseront vos préconisations. Il est vrai qu’avec l’alimentation on peut déjà parvenir à bien neutraliser les inflammations. Virginie, 40 ans, atteinte d’endométriose et en essai bébé depuis 9 ans.

    1. Bonjour
      Ma fille de 16 ans souffre de l’endometriose pouvez-vous me conseiller un médecin sur Paris, merci.
      Micheline

  2. Bonjour.
    Ma fille Camille 30 ans a des ovaires polykystiques , elle désire avoir un enfant , elle essaie actuellement.
    Elle a le visage couvert de kystes en permanence depuis su elle a arreté la pilule »Diane »et en souffre énormément physiquement et psychologiquement.
    Pouvez vous l aider?
    Cela serait formidable d autant plus qu elle doit faire face déjà à un énorme problème, son mari vient de perdre une jambe et l autre. E vaut oas cher(accident de moto).
    J attends beaucoup de votre réponse. Merci infiniment.

    1. Moi j ai eu les ovaires polystique et maintenant j ai deux magnifique enfants traitement enfant 1… 4 mois et ma 2 ème 1 mois… Mais je vous cache pas que j ai du prendre de l euthyrox ce temps là

  3. Bonjour Dr Willem,

    Voici une autre solution, elle n’est pas miraculeuse, elle est naturelle.. efficace à 100%, ne coute rien ou presque et libère enfin la femme du dogme de la régularité menstruelle voire du cancer du sein, enfin très certainement.. du cancer du sein.
    Évidemment il ne faut pas avoir froid aux yeux pour en parler… et ne pas être sous le joug d’un professeur qui dicte à ses confrères l’interdiction d’utiliser ce petit « cachet » diabolique .
    Il suffit de regrouper l’informations scientifique officielle mais cachée dans les méandres du net pour comprendre que la solution est à portée de main mais ignorée au nom d’idéologie digne du moyen âge ou bien d’intérêts économiques.
    http://www.prevenirlecancer.fr/actualite180315.html
    Cordialement,
    AL

  4. Bonjour
    Je vous remercie pour ce post qui je l’espère aidera nombre de femme
    J’ai 51 ans et l’on m’a opérée (ablation de l’utérus) suite à une endometriose sévère a l’âge de 40 ans et heuresement malgré tout 3 enfants
    Suite à cette intervention j’ai retrouvée mon énergie…..et une vie normale, mais depuis 5 ou 6 ans les symptômes sont peu à peu réapparu pour a ce jour pesé très lourd dans ma vie
    Mon médecin ni vois aucuns liens, j’ai le sentiment de ne pas être prise au serieux et laissé dans l’état
    Petite précision je suis diagnostiquée ménopausée depuis 1 an environ
    Vos conseilles concerce des femmes encore réglées quand est il pour mon cas?
    Que faire? Et puis que penser?
    Je ne suis très certainement pas un cas isolé, mais très peu de femme parle
    J’espère que vous prendrez le temps de vous pencher sur ce courrier et y repondrez
    Très cordialement
    Valérie L

  5. Bonjour
    Vos articles sont vraiment passionnant et je vous remercie pleinement pour toutes ces infos .pour ma part souffrant d’endométriose j’ai été opéré (hystérectomie )
    Donc plus d’hémorragies.
    Quand faites vous un article sur les infections urinaires qui me gâchent ma vie
    Antibiotique à répétition !!!! L’enfer
    MERCi encore de nous transmettre votre savoir
    Mme Simhon Carole

  6. Bonjour
    Vos articles sont vraiment passionnant et je vous remercie pleinement pour toutes ces infos .pour ma part souffrant d’endométriose j’ai été opéré (hystérectomie )
    Donc plus d’hémorragies.
    Quand faites vous un article sur les infections urinaires qui me gâchent ma vie
    Antibiotique à répétition !!!! L’enfer
    MERCi encore de nous transmettre votre savoir
    Mme Simhon Carole

    Répondre

  7. Bonjour Docteur,
    Avec beaucoup d’intérêt, je prends connaissance de vos messages et vous remercie infiniment de nous faire partager les fruits de vos expériencesEn ce qui concerne l’endométriose pour les personnes ménopausées est-ce les applications cutanées aux HÉ qu’il convient de pratiquer lorsque, avant la ménopause,il y avait suspicion d’endométriose. Merci d’avance pour votre réponse.

  8. Merci Monsieur Willem pour ses lettres qui abordent des sujets variés de façon très détaillée avec explication du problème et toutes les techniques naturelles qui peuvent être mises en oeuvre.
    Belle journée

  9. Bonjour,
    Vos lettres sur l’endométriose m’a intéressée et j’ai toujours autant de plaisir et de curiosité à vous lire, cependant je souhaiterai vivement que vous rédigiez une lettre de santé naturelle sur les vers.
    J’en suis atteinte depuis plusieurs mois et je ne trouve pas de remèdes naturels me correspondant.
    Je vous remercie de ne pas me laisser tomber car j’en souffre de jour comme de nuit.

  10. Bonjour et merci , je suis tous ces « conseils » depuis des années ,mais j’ai mis tellement de temps à comprendre quoi et comment faire que je vous dis merci pour toutes les filles et femmes qui n’auront pas à « tester » avant de trouver comment aider leur corps à limiter les effets de l endo

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